Un noël nostalgique - Texte intégral

Chapitre 1

7h03. Le carillon strident du réveil me transperce les tympans. Je maudis cette habitude idiote de régler des heures à minutes incongrues. La maison de mon enfance dort encore, enveloppée dans le silence lourd des matins d’hiver. Mais mon corps, lui, est déjà éveillé. Une chaleur familière couve entre mes cuisses, un souvenir de la veille où j’ai rêvé de mains qui n’étaient pas les miennes.




Je me glisse hors du lit, mes pieds nus rencontrant le parquet froid. Mes tétons durcissent aussitôt sous le tissu fin de mon chemisier de nuit, frottant avec une insistance presque douloureuse contre la soie. Je monte au grenier, poussée par une curiosité soudaine. L’air y est saturé de poussière et de mémoire.

Quand mes doigts retrouvent l’agenda de mes seize ans, mon cœur bat plus vite. Et lorsque la lettre de Pierre s’échappe des pages, c’est comme si son souffle chaud effleurait ma nuque.

« Ma petite fleur perverse,

Je sais ce que tu fais, seule dans ta chambre. Je le sens à travers les kilomètres. Ton corps m’appelle, et je l’entends. Ta fenêtre éclairée est une invitation que je ne peux décliner, même dans l’absence.

Je t’imagine maintenant. Ton manteau gît à tes pieds comme une armure abandonnée. Ton pull passe au-dessus de ta tête, et je vois tes seins se tendre, tes tétons déjà durs et gonflés, implorants. Ta jupe glisse le long de tes cuisses, révélant ce triangle de dentelle que je rêve de déchirer avec mes dents.

Tu es nue maintenant, debout devant la glace. Tu te contemples, une main sur la hanche, l’autre effleurant la courbe de ton ventre. Je voudrais être cette main. Je voudrais la guider plus bas, sentir tes doigts trembler en rencontrant ta chaleur. Ta culotte est humide, n’est-ce pas ? Tu la touches à travers le tissu, un mouvement circulaire, lent d’abord, puis plus pressant. Je t’entends haleter.

Allonge-toi. Écarte les jambes. Oui, comme ça. Tes lèvres sont entrouvertes, brillantes de ton désir. Ton doigt trouve ton clitoris, ce petit bouton sensible qui palpite sous ta caresse. Tu tournes autour, tu appuies, tu retires… petite torture délicieuse. Ta respiration s’accélère. Ton autre main pince tes tétons, tire sur eux jusqu’à ce qu’un gémissement rauque s’échappe de tes lèvres.

Maintenant, entre en toi. Un doigt, puis deux. Je t’imagine serrée, chaude, si chaude. Ton dos se cambre, tes hanches se soulèvent pour accueillir ta propre pénétration. Ton rythme s’emballe. Tes muscles intimes se contractent autour de tes doigts. Je vois ton visage se crisper de plaisir, ta bouche former un « O » silencieux.

Jouis, ma belle. Lâche toi. Inonde tes doigts de ce nectar dont je me suis déjà enivré. Et quand les vagues de ton orgasme te submergeront, souviens-toi que c’est mon nom que tu murmures dans l’obscurité.

À jamais dans ta chair,
Pierre. »

Mes mains tremblent en tenant le papier. Ma respiration est courte, saccadée. Je sens l’humidité perler entre mes cuisses, imprégnant déjà la fine soie de ma culotte. La salle de bain m’appelle comme un sanctuaire.

La pièce est encore saturée de la vapeur chaude du précédent occupant. Je me déshabille avec une urgence presque violente, arrachants mon chemisier, faisant sauter le bouton de mon jean. Quand je suis nue, je m’examine dans le miroir embué. Mes seins sont lourds, les aréoles foncées, les pointes dressées et tellement sensibles. Ma main gauche les palpe, pince un téton entre le pouce et l’index. Un éclair de plaisir  me traverse l’estomac, se répercute directement dans mon sexe.

Sous la douche, l’eau brûlante est un choc délicieux. Je me tourne, offrant mon dos au jet, mais c’est vers l’avant que mon attention se porte. Mes mains glissent sur mon ventre, puis plus bas, écartant les lèvres déjà gonflées de désir.

Je prends le pommeau de douche. Je règle le jet sur le plus puissant, le plus concentré. Je m’adosse au mur, les jambes écartées. Le contact de l’eau sur mon clitoris est si intense que je gémis. Une stimulation directe, impitoyable. Ma main libre plaque ma poitrine, malaxe la chair ferme, torture les pointes durcies.

Mon imagination s’emballe. Ce n’est plus l’eau, mais la langue de Pierre. Habile, insistante. Il me tient les cuisses écartées de force, il goûte mon sexe offert, il me pénètre avec cette langue qui connaît si bien mes faiblesses. Je pousse mes hanches vers le jet, cherchant une friction plus profonde.




« Oh... Pierre… », je murmure, le nom explosant dans la vapeur.

Je lâche le pommeau, et mes doigts prennent le relais. Deux s’enfoncent en moi d’un coup, jusqu’à la garde. Je suis si serrée, si chaude. Mon pouce masse mon clitoris en petits cercles rapides, précis. Le rythme est primal. Ma tête roule sur mes épaules, mes cheveux blonds collés sur mon visage.

Le troisième doigt entre, l’étirement est exquis, presque trop. Je me penche en avant, une main sur le mur pour supporter mon poids chancelant. Mes doigts vont et viennent en moi avec un bruit de succion obscène, mouillés de mon propre jus. Je sens l’orgasme monter, une tension incandescente dans mon bas-ventre.




C’est alors que j’imagine qu’il est là. Derrière moi. Son torse nu collé à mon dos ruisselant, ses mains agrippant mes hanches, son érection dure pressant contre ma fesse. Il me chuchote à l’oreille des mots crus, sales, excitants. Il me dit à quel point il va me prendre, combien de temps il va me faire jouir.

« Maintenant, ma petite salope. Viens pour moi. »

L’ordre imaginaire fait céder les dernières digues. L’orgasme me frappe comme un coup de poing au ventre. Un cri rauque, animal, s’échappe de ma gorge. Mes muscles vaginaux se contractent violemment autour de mes doigts, une série de spasmes qui me plient en deux. Des vagues de plaisir électrique irradient de mon sexe jusqu’au bout de mes orteils, jusqu’aux racines de mes chevaux. Je tremble de tous mes membres, les jambes si faibles que je m’effondre à genoux sous le jet, haletante, les doigts encore enfouis en moi, prolongeant les dernières secousses.


Long moment avant que je ne retrouve mes esprits. L’eau commence à refroidir. Je me relève, chancelante, et j’éteins le robinet.

Dans le silence soudain, mon reflet dans le miroir dégoulinant me renvoie l’image d’une femme défaite, les yeux noyés, la peau marbrée de rouge, les lèvres bouffies. Une fierté sauvage m’envahit.

Le choix de la lingerie devient une cérémonie. Je rejette les options trop sages. Mes doigts s’attardent sur un string en dentelle noire, presque inexistant. Les triangles de tissu sont si petits qu’ils ne couvriront qu’à peine mes lèvres. Le porter sera comme une main constante sur mon sexe.

Je l’enfile. L’élastique mince s’enfonce dans ma raie, un rappel constant et provocant. Le tissu devant est déjà humide de mes sécrétions. Je renonce au soutien-gorge. Ma robe en laine fine moule mes seins, laissant deviner les pointes dures qui percent le tissu.

En descendant l’escalier, chaque pas fait frôler la dentelle contre mon clitoris encore sensible. Un frisson parcourt mon échine. Ma mère lève les yeux de sa tasse de café, un léger sourire aux lèvres.

« Tu as l’air… reposée, chérie. »

Je souris, un sourire de chatte repue, sachant que le souvenir de Pierre et la promesse de l’orgasme que je viens de m’offrir brillent dans mes yeux.

« Je le suis, maman. Je le suis vraiment. »

Demain, la maison sera pleine. Mes cousins arriveront. Parmi eux, peut-être, de nouveaux regards à croiser, de nouveaux désirs à éveiller. Mais pour l’instant, je ne suis que chair palpitante et mémoire vive, trempée du jus sucré de mon propre plaisir, attendant la suite avec une impatience gourmande.

Chapitre 2

Le soir du réveillon, la maison vibrait de rires et de musique. Toute la tribu était là : oncles, tantes, cousins. Mon refuge habituel était Camille, ma seule cousine, cette éternelle rayon de soleil dont la beauté naturelle et la désarmante aisance sociale avaient toujours suscité en moi une jalousie mêlée d’admiration.

Mais ce soir, ma mère m’avait préparé une surprise explosive. Lorsque Pierre est entré dans le salon, le temps s’est suspendu. Mon meilleur ami d’enfance. L’auteur de la lettre. Celui avec qui m'avait fait découvrir tant de chose sur le sexe, la passion, les orgasmes partagés dans des endroits improbables. Il ne pouvait pas savoir que j’avais retrouvé ses mots ce matin même, ni que mes doigts venaient de recréer ses fantasmes sous la douche. Une chaleur coupable m’a envahie, centrée bas dans mon ventre.

Nous étions treize à table. Un frisson superstitieux m’a traversée, vite noyé par l’alcool et le trouble de me retrouver coincée entre Pierre et Camille.

L’apéritif s’éternisait. Camille, insatiable, s’est jetée sur notre histoire commune avec une curiosité de journaliste d’investigation. « Alors, vous deux, c’était comment ? Vraiment ? » Chaque question était un coup de poing dans le ventre, ravivant des souvenirs que je croyais enfouis : la première fois où sa bouche avait exploré la mienne, la sensation de son sexe d’adolescent contre le mien, nos gémissements étouffés.

Nous avons détourné la conversation vers nos vies présentes. Moi, quelques aventures sans lendemain, une solitude assumée mais pesante ce soir. Camille, elle, a avoué sa nostalgie des contes de fées. « J’aurais mis l’amour de ma vie sur ma liste au Père Noël, » a-t-elle soupiré, un étrange éclat dans le regard. Pierre, lui, était seul. Sa copine, issue d’une riche famille, l’avait « oublié » sur la liste des invités familiaux. La honte sociale, palpable dans sa voix, m’a serré le cœur.

Le repas a commencé dans un brouhaha joyeux. Mon oncle a taquiné Camille sur sa vie amoureuse, comme à son habitude. Elle a rougi, mais a répliqué avec un aplomb théâtral : « Je n’en ai pas pour le moment ! Mais j’en ai commandé un spécialement pour Noël ! »

C’est à ce moment précis que j’ai failli m’étouffer.

Non pas à cause de sa repartie, mais parce qu’en la prononçant, sa main avait disparu sous la table pour se poser, brûlante et possessive, sur ma cuisse nue, juste au-dessus du genou. Le contact de sa peau contre la mienne a été un choc électrique. Un frisson a parcouru toute ma colonne vertébrale, se concentrant en un point de chaleur pulsatile entre mes jambes.

Paniquée, j’ai plongé ma propre main sous la nappe pour repousser la sienne. Erreur fatale. Ses doigts se sont refermés sur les miens avec une force surprenante et les ont entraînés plus loin, sur sa cuisse à elle. Sa robe, courte comme la mienne, laissait sa peau délicate à nu. Je sentais la chaleur de son corps, la fermeté de ses muscles sous ma paume moite. Elle m’a guidée plus haut, vers l’intérieur de sa cuisse, si haut que j’ai senti, à travers le tissu fin de sa culotte, la chaleur humide et le gonflement de son sexe.

Le monde autour de moi s’est estompé. Le bruit des conversations, les rires, la musique… tout est devenu un lointain bourdonnement. Je n’osais plus regarder Camille, qui continuait à bavarder et rire comme si de rien n’était, tandis que sa main maintenait la mienne prisonnière contre son intimité. Mon propre sexe s’est mis à palpiter en écho, une humidité brûlante imbibant le satin de mon string. J’étais pétrifiée, excitée au-delà du raisonnable, terrifiée à l’idée d’être découverte.

Le plat principal m’a sauvée, exigeant mes deux mains. J’ai retiré la mienne comme si je me brûlais. Le reste du repas a été un tourment délicieux. L’alcool coulait à flots, désinhibant mes pensées. Mes conversations avec Pierre ont glissé vers des territoires plus osés, des sous-entendus chargés de notre passé commun. Et Camille, cette enchanteresse, a orchestré une torture exquise.


Elle a « fait tomber » sa serviette. En se penchant, ses cheveux ont effleuré ma peau nue et ses doigts m’ont frôlé l’entrejambe, appuyant juste assez pour que je retienne un gémissement. Elle m’a chuchoté à l’oreille des choses qui m’ont fait rougir jusqu’à la racine des cheveux : « Ta cuisse est si douce… J’imagine le reste. » Sa main a de nouveau cherché la mienne, l’a glissée sous sa robe, plus haut encore. Cette fois, mes doigts ont effleuré directement l’élastique de sa culotte, puis, osant à peine bouger, la chair tendre et humide de ses lèvres à travers le tissu. Elle a fermé les yeux un instant, un soupir à peine audible s’échappant de ses lèvres.

J’ai dû partir. Mon besoin de pipi n’était qu’un prétexte. J’avais besoin d’air, de reprendre le contrôle de mon corps en ébullition. Dans les toilettes, assise, j’ai constaté l’étendue des dégâts : mon string rose était trempé, une tache sombre et honteuse sur le satin. Mon cœur battait la chamade.

Quand je suis sortie, elle m’attendait dans le couloir sombre.

D’un geste vif, elle m’a plaquée contre le mur. Son souffle chaud a caressé mon oreille. « Tu n’as pas à avoir peur de tes pensées, Julie. Entre nous, tout peut se passer, et rien ne sortira d’ici. » Sa voix était un velours bas et prometteur. « Et toutes ces histoires avec des garçons que je te racontais… peut-être que j’inventais un peu. Pour paraître cool. Mais surtout… pour attirer ton attention. »

Avant que mon cerveau ne puisse traiter ses mots, ses lèvres se sont écrasées sur les miennes.

Le baiser n’a été ni doux ni timide. Il a été profond, urgent, expert. Sa langue a forcé l’entrée de ma bouche, dansant avec la mienne avec une assurance qui a anéanti mes dernières résistances. J’étais coincée contre le bois du mur, ses cuisses pressées contre les miennes, ses seins écrasés contre ma poitrine à travers nos robes. Ma main s’est agrippée à sa taille, l’autre s’est enfouie dans ses cheveux. Quand elle s’est retirée, j’étais à bout de souffle, les jambes en coton, un feu liquide coulant dans mes veines.

Son regard a dévalé mon corps, s’attardant sur mes seins dont les pointes durcies saillaient obscènement sous la laine fine de ma robe. « Je vois que le message est passé, » murmura-t-elle avec un sourire de chatte.

Le reste de la soirée a été un rêve éveillé, un jeu dangereux et grisant. Chants, danses, cadeaux… tout était prétexte à des contacts furtifs, à des regards enflammés, à des chuchotements obscènes qui me faisaient frémir. À trois heures du matin, alors que tout le monde dansait dans le salon, elle m’a prise par la main et m’a tirée sans un mot vers une chambre d’ami au premier étage.

La porte s’est refermée dans un clic sourd, isolant le bruit de la fête. Elle m’a regardée, ses yeux sombres brillant d’un désir franc. « Alors, Julie. Mon cadeau de Noël ? »

Je bredouillais, jouant l’innocence. « Lequel ? »

« Celui que j’ai commandé au vrai Père Noël, » a-t-elle dit en s’approchant, ses mains remontant déjà le long de mes cuisses sous ma robe. « Fais-moi confiance. Laisse-toi faire. »

Et elle m’a embrassée de nouveau, tandis que ses mains exploraient mon corps. Une main a agrippé ma fesse, la chair offerte à travers le string, l’autre s’est pressée contre mon mont de Vénus, cherchant et trouvant la fente déjà ruisselante. « Quel beau cadeau tu caches là, » a-t-elle murmuré contre ma bouche.

Avec une lenteur calculée, elle a fait glisser mon string le long de mes jambes jusqu’à mes chevilles. Puis elle m’a poussée doucement sur le lit. Je suis tombée en arrière, totalement exposée, vulnérable et excitée au-delà de toute mesure.

« Oh, » a-t-elle soufflé, ses yeux buvant le spectacle de mon sexe parfaitement épilé, gonflé et luisant de mon désir. « Un bel abricot, tout lisse et tout mouillé… Est-ce que j’ai le droit d’y goûter ? »

Avant que je ne puisse répondre, elle s’est agenouillée entre mes jambes écartées et a plongé.


La première caresse de sa langue sur mon clitoris m’a arraché un cri étouffé. C’était une révélation. Aucun homme ne m’avait jamais léchée ainsi, avec cette précision chirurgicale, cette patience infinie, cette connaissance innée du terrain. Sa langue était plate, large, puis fine et pointue. Elle a tracé des cercles lents autour du bouton sensible, l’a enveloppé, l’a sucé doucement, puis a plongé plus bas, explorant chaque centimètre de mes lèvres gonflées, recueillant mon jus avec gourmandise.

« Tu as un goût… divin, » a-t-elle grogné contre ma chair, et la vibration de sa voix m’a fait tressaillir.

Elle alternait : de longs coups de langue qui me pénétraient légèrement, me faisant implorer plus, puis un retour acharné sur mon clitoris qui me faisait cambrer le dos. Chaque fois que je sentais l’orgasme approcher, une tension explosive se nouant dans mon bas-ventre, elle s’arrêtait, changeait de rythme, me laissant haletante et frustrée, au bord du précipice.

« S’il te plaît… » ai-je fini par geindre, mes mains s’agrippant aux draps.

Elle a levé les yeux, son menton luisant de mes sécrétions. « S’il te plaît, quoi ? »

« Fais-moi jouir, Camille. Je t’en supplie. »

Un sourire de satisfaction a étiré ses lèvres. Elle a replongé, et cette fois, elle n’a plus montré aucune pitié. Sa bouche a aspiré mon clitoris tout entier, créant un vide chaud et humide qui m’a fait hurler. En même temps, ses doigts ont trouvé mon entrée. Deux d’entre eux se sont enfoncés en moi d’un seul coup, profonds, atteignant un endroit que je ne savais pas si sensible. Ils se sont courbés, cherchant, et ont trouvé une zone spongieuse à l’intérieur, juste derrière mon pubis.

Le choc a été immédiat et cataclysmique.

Un orgasme déferla sur moi, si violent que je crus que mon corps allait se disloquer. Des vagues de plaisir explosèrent depuis mon sexe, irradiant dans tout mon être. Je criai, mon corps se tordant dans des spasmes incontrôlables, mes muscles vaginaux se contractant violemment autour de ses doigts qui continuaient leur va-et-vient implacable. Elle ne s’arrêta pas. Sa langue frappait mon clitoris surstimulé, envoyant des éclairs de douleur-plaisir à travers mes nerfs en feu. Au pic de la première vague, elle stimula ce point magique de l’intérieur avec ses doigts, et une seconde orgasme, plus profond, plus viscéral, se superposa au premier dans un maelström de sensations.

Je perdis toute notion du temps, du lieu. Je n’étais plus qu’un animal hurlant son plaisir, inondant ses doigts et sa bouche de mon jus, secouée par des convulsions qui semblaient ne jamais devoir finir.

Quand elle se retira enfin, je n’étais plus qu’un tas tremblant et gémissant sur le lit. Elle lécha ses doigts lentement, ses yeux rivés aux miens, puis ramassa mon string et l’utilisa pour m’essuyer délicatement, nettoyant le mélange de salive et de fluides qui coulait sur mes cuisses. Puis elle se coucha sur moi, son corps chaud contre le mien, et m’embrassa profondément. Je goûtai mon propre parfum salé et musqué sur sa langue.

« Joyeux Noël, ma chérie, » murmura-t-elle, son regard débordant d’une satisfaction tendre et d’un bonheur intense.


Je restai étourdie, flattée, transformée.

Quelques minutes plus tard, je retournai au salon, les jambes encore flageolantes, le souvenir de sa bouche brûlant sur ma peau. L’ambiance était retombée. Pierre était debout près du bar de la cuisine, sa veste à la main, l’air prêt à partir. Une pointe de culpabilité me transperça. Je m’approchai.

« Je… je suis désolée d’avoir disparu si longtemps. Camille avait un secret à me confier. » Ma voix était encore rauque, ma peau brillante du plaisir récent.

Il me regarda, et dans ses yeux, je crus voir une lueur de compréhension, comme s’il savait, comme s’il sentait ce qui venait de se passer. Un silence chargé s’installa entre nous.

« Tu viens danser ? » finis-je par proposer, ma question sonnant faible et dérisoire dans l’air soudain électrique.

Chapitre 3

Quand Pierre posa sa veste et s’avança vers moi, le salon sembla rétrécir. Le champagne pétillait dans mes veines, mélangé à l’adrénaline et au souvenir brûlant de la langue de Camille sur ma peau. La danse fut d’abord une politesse, puis un terrain miné.

Nos corps se cherchaient dans les mouvements du rock, ses mains « guidant » mes hanches avec une familiarité croissante. La bretelle de ma robe céda, dénudant mon épaule, puis la courbe supérieure de mon sein. Je ne la remis pas. Son regard s’y accrocha comme une braise.

Puis la salsa. Un défi. Une révélation. Pierre dansait avec une grâce animale, son bassin épousant chaque percussion, me faisant tourner, ployer, me ramenant contre lui avec une force calculée. C’est alors que je la sentis : une dureté insistante, épaisse, qui se gonflait contre son jean et venait se loger contre mon pubis à chaque fermeture, à chaque ralentí. Le frottement était précis, inéluctable. Mon propre sexe, encore sensible et humide de l’attention de Camille, répondit par un picotement aigu, une nouvelle vague de lubrification qui imbiba mon string déjà trempé.

Je voulais reculer, mettre de la distance. Mais ses lèvres se collèrent à mon oreille, et les mots qu’il y déposa me clouèrent sur place.

« Je t’ai vue, » murmura-t-il, sa voix un râle chaud et confidentiel. « La porte n’était pas tout à fait fermée. J’ai vu ses mains sur toi. Sa bouche entre tes cuisses. Et le visage que tu faisais quand tu as joui… Ce même visage de petite perverse que tu avais la première fois que je t’ai baisée. »

Un frisson violent me parcourut. J’étais à nu. Exposée.

« Tu te frottes à moi comme une chatte en chaleur, Julie, » continua-t-il, sa hanche appuyant plus fort contre mon entrejambe à la mesure de ses paroles. « Tu préfères la bite, hein ? Toujours préféré. Je la sens, ma queue, contre ta petite chatte ? Elle est dure pour toi. Elle se souvient de toi. »

Le langage cru, la possession brutale dans sa voix, agirent comme un coup de fouet. Ma résistance fondit, remplacée par une soumission excitée, coupable. Mon ventre se noua de désir pur.

« Rejoins-moi dans deux minutes dans ton ancienne chambre, » ordonna-t-il, mordillant mon lobe. « Et je te baiserai comme la petite salope que tu es devenue. »

Le mot résonna en moi. Salope. Une décharge électrique. Je hochai la tête, incapable de parler.

Dans la chambre, la porte à peine refermée, il me scruta. Son sourire n’était plus celui de l’ami d’enfance, mais celui du prédateur qui a retrouvé sa proie.

« Contente que tu sois venue, » dit-il, m’acculant lentement contre le mur. « Cette robe… j’ai passé le dîner à imaginer ce qu’elle cachait. »

Ses lèvres se posèrent sur mon cou, sa langue traçant un chemin brûlant jusqu’à ma clavicule. Son corps s’encastra contre le mien. À travers son jean, je sentais la masse imposante de son érection, chaude et palpitante, presser contre mon ventre.

« Tu es toujours aussi envoûtante, » grogna-t-il, une de ses mains descendant le long de ma cuisse, passant sous l’ourlet de ma robe, trouvant sans hésitation la fine bande de satin trempé de mon string. « J’ai envie de retrouver ma Julie. Celle qui rougissait quand on se regardait à table, mais qui criait mon nom quand je la prenais. »

Sa main s’enfonça, écarta le tissu. Ses doigts rencontrèrent ma chair nue, ruisselante, gonflée.

« Pierre, arrête… Ta copine… » balbutiai-je, même en arc-boutant mes hanches vers sa main.


Un rire sourd lui échappa. « Ma copine ? » Ses doigts glissèrent, explorant ma fente humide, trouvant mon clitoris tuméfié. Je gémissais malgré moi. « Regarde-toi. Tu dégoulines. C’est pour elle, cette mouille ? Ou c’est les restes du festin que ta cousine t’a offert, petite salope ? »

Salope. Encore. Le mot, dans sa bouche, était un aphrodisiaque. Il réveillait en moi une part sombre, avide de soumission, de dégradation excitante.

« Tu aimes quand je te parle comme ça, hein ? » constata-t-il, tandis qu’un de ses doigts, puis deux, s’enfonçaient en moi sans préavis. Ma tête heurta le mur, un cri de plaisir rauque m’échappant. « Tu es trempée. Tu t’ouvres pour moi comme avant. Tu veux que je continue ? »

« Oui, » soufflai-je, ma voix n’était qu’un filet.

Il retira ses doigts, les porta à mes lèvres. « Lèche. Goûte ton jus de pute. »

Je obéis, les yeux dans les siens, prenant ses doigts dans ma bouche, savourant le goût salé et musqué de mon propre désir mêlé à un reste de Camille. Son regard s’assombrit.

« Maintenant, à genoux. Et retire cette robe. »

L’ordre tomba, net et autoritaire. Une pulsion ancienne et obéissante s’empara de moi. Je fis glisser la robe de mes épaules, la laissant choir à mes pieds. Je restai un instant debout, en string et soutien-gorge, offerte à son regard qui me dévorait. Puis je m’agenouillai sur le tapis.

« Souviens-toi, » dit-il en défaisant sa ceinture d’un geste vif. « Dans ma vieille voiture, derrière le stade. Tu m’as sucé comme si ta vie en dépendait. Aucune bouche ne m’a jamais fait jouir aussi fort. Ma petite pute préférée. »

Le cliquetis de sa braguette fut le son le plus excitant du monde. Il libéra son sexe. Il était magnifique. Imposant, dur comme de l’acier, la veine saillante palpitant sous la peau fine du gland, déjà luisant d’une perle de pré-sperme.

« Suce, salope. »

Je n’eus pas besoin d’être invitée deux fois. Je m’emparai de sa base d’une main, sentant la chaleur et la puissance brute sous mes doigts. De l’autre, je guidai son gland vers ma bouche. Je l’embrassai d’abord, recueillant la goutte salée sur ma langue. Puis, ouvrant largement les mâchoires, je l’engloutis.

Un grognement de plaisir profond sortit de sa gorge. Mes lèvres se refermèrent sur son membre, ma langue se mit au travail, léchant le frein, enveloppant le gland, explorant chaque millimètre. Je le prenais profond, jusqu’à ce que mon nez effleure son pubis, puis je le libérais lentement, le regardant briller de ma salive. Je suçais ses testicules, les faisant rouler dans ma bouche, avant de revenir à l’objet de mon désir.

« Putain, tu suces toujours aussi bien, » haleta-t-il, ses mains s’agrippant à mes cheveux, guidant le rythme. « Tu aimes ça, avaler ma queue. On le voit. »

J’aimais. J’aimais son goût, sa texture, le pouvoir que j’avais sur lui, la soumission qu’il m’imposait. Je l’absorbais, les yeux fermés, perdue dans la sensation primale. Puis je le regardai, levant les yeux vers son visage tordu de plaisir. Nos regards se verrouillèrent. Il accéléra le mouvement de mes hanches.

« Je vais jouir, » gronda-t-il, les muscles de son abdomen se contractant.

Je m’arrêtai à la dernière seconde, retirant ma bouche, le laissant haletant et frustré au bord du précipice. Je léchai le gland une dernière fois, savourant son tremblement.

« Sacrée suceuse, » admit-il, le souffle court. Il me releva, ses mains agrippant mes hanches pour me projeter sur le lit. « Maintenant, à quatre pattes. Montre-moi ce cul que je n’ai pas vu depuis si longtemps. »

Je me mis en position, le cœur battant à tout rompre. La honte se mêlait à une excitation dévorante. J’aimais être sa chose. Sa propriété.

Il arracha mon soutien-gorge, libérant mes seins. Puis ses doigts s’accrochèrent à mon string et tirèrent, le satin déchirant dans un craquement sec avant de tomber. L’air frais de la chambre caressa ma chair nue, trempée.

« Écarte les cuisses. Cambre-toi. Montre-moi bien ta chatte que je vais défoncer. »

Je m’exécutai, écartant largement les genoux, creusant le dos au maximum. Je sentais l’air pénétrer ma fente offerte, la mouille couler le long de mes cuisses intérieures.

« Oh, la belle salope, » siffla-t-il. « Tu coules. Ça te plaît tellement de jouer à la pute avec ton vieil ami, hein ? Après avoir joué à la lesbienne avec ta cousine. Je vous ai vues. Tu es insatiable. »

Sa main vint frapper légèrement ma fesse, un claquement sec qui fit sursauter ma chair et envoya une onde de choc jusqu’à mon clitoris. Puis ses doigts plongèrent, ramassant le fluide qui dégoulinait, et les tendit devant ma bouche.

« Lèche. »

Je me tournai, pris ses doigts dans ma bouche, les nettoyant avec voracité.

Je sentis alors la pression du gland à mon entrée. Il était de nouveau dur, implacable.

« Je vais te prendre, » annonça-t-il. « Tu le veux ? »

« Oui… »

« Demande-le. »

« Baise-moi, Pierre. S’il te plaît. Enfonce ta bite en moi. »


Il n’eut pas besoin d’être prié davantage. D’une poussée puissante de ses hanches, il s’enfonça jusqu’à la garde.

Le cri que je poussai fut étouffé par l’oreiller. La sensation était à la fois familière et nouvelle. Une plénitude brutale, un étirement exquis. Il était plus gros que dans mes souvenirs. Il remplissait tout l’espace, raclant des parois hypersensibles après l’orgasme récent.

« Putain, tu es serrée, » grogna-t-il, immobile un instant, nous laissant savourer la fusion. « La chatte parfaite d’une petite salope. »

Puis il se mit à bouger. D’abord lent, profond, chaque va-et-vient calculé pour frotter son pubis contre mon clitoris. Puis le rythme s’emballa. Ses mains agrippèrent mes hanches avec une force qui laisserait des marques, me clouant sur place tandis qu’il me pilonnait avec une sauvagerie croissante. Le bruit de nos chairs qui s’entrechoquaient, mouillées, emplissait la pièce.

« T’aimes ça, hein ? Te faire baiser comme une chienne ! » grondait-il à chaque poussée.

« Oui ! Oui ! » hurlai-je en réponse, mes poings se tordant dans les draps.

Une de ses mains lâcha ma hanche pour se glisser sous moi, trouvant mon sein qu’il malaxa brutalement, pinçant le téton jusqu’à la douleur. L’autre main descendit, ses doigts retrouvant mon clitoris et le frottant en cercles rapides et durs, en parfaite synchronisation avec ses coups de boutoir.

La triple stimulation fut trop. L’orgasme me tomba dessus comme un éboulis, violent, totalisant. Je fus secouée de spasmes incontrôlables, mon vagin se contractant violemment autour de son membre, le milkant. Mes cris étaient des sanglots de jouissance pure.

Sentant mes contractions, il lâcha un rugissement. Ses coups de reins devinrent désordonnés, puissants. « Je viens ! Je te remplis, salope ! »

Je sentis l’explosion chaude à l’intérieur de moi, des jets puissants de sperme qui semblaient ne jamais devoir s’arrêter, inondant mes parois convulsives. Il continua à bouger lentement, prolongeant nos extases mêlées, jusqu’à ce qu’il s’effondre sur moi, son corps en sueur collé à mon dos.

Long moment de silence, brisé seulement par nos souffles haletants. Puis il se retira doucement, et je sentis son sperme tiède couler hors de moi, le long de mes cuisses. Il se tourna sur le dos, me tirant contre lui. Ses mains, devenues douces, caressèrent mon dos, mes bras.

Il approcha son visage du mien. « T’es toujours ma fleur, » murmura-t-il, une tendresse inattendue dans sa voix rauque. « Je n’aurais jamais dû te laisser partir. »

Je me blottis contre lui, épuisée, comblée, confuse. Le corps plein de lui, l’esprit encore plein d’elle. Nous restâmes enlacés un moment, dans le silence de la maison endormie, avant de nous rhabiller en silence et de regagner le salon, où personne, en effet, ne sembla remarquer ni notre absence prolongée, ni le regard nouveau, chargé de secrets et de complicité coupable, que nous échangions.

Chapitre 4

Trois mois après Noël. Le message de Camille arrive par une grisaille de mercredi après-midi, un éclat de lumière sur l’écran de mon téléphone.

« Ma Julie adorée. Cette distance depuis Noël me tue. J’ai pensé à toi, à nous, chaque jour. Tes lèvres, ton goût… Samedi soir, mon appartement. Viens. Juste nous deux. Je t’ai préparé une surprise. Sois belle, sois sexy… pour moi. Laisse-toi surprendre. Dis-moi oui. 💋»

Mon cœur fait un bond dans ma poitrine. Le souvenir de sa bouche sur moi, de ces doigts experts, inonde mon corps d’une chaleur immédiate et coupable. Les semaines passées à tenter de rationaliser cette nuit, à la classer dans la case « expérience unique », volent en éclats. Le désir est là, brut, avide. Je réponds avant même d’avoir réfléchi.

« Oui. J’arrive. 21h. »

Les jours qui suivent sont un lent supplice d’impatience. Camille alimente le feu par de brefs messages, de plus en plus crus.

« J’ai acheté de l’huile. Une qui sent le santal et la vanille. Je vais te masser partout. »
« Pense à ce que tu porteras. Je veux te déshabiller lentement. »
« Je rêve de te sentir à nouveau trembler sous ma langue. »

Chaque notification fait monter la pression en moi. Je choisis une tenue avec le soin maniaque d’une prêtresse préparant un rituel : une robe bustier en velours bleu nuit, ultra-courte, qui souligne chaque courbe et s’arrête à mi-cuisses. Dessous, un ensemble en dentelle noire, presque transparent. Je me rase avec une précision extrême, m’épile chaque centimètre de peau, jusqu’à ce que mon sexe soit lisse et tendre comme celui d’une adolescente. Je suis à la fois excitée et nerveuse, l’estomac noué par l’attente de ses mains, de sa bouche.

Samedi, 20h55. Je sonne à l’interphone de son immeuble, un sourire de anticipation aux lèvres. La porte s’ouvre sans un mot.

Quand j’arrive devant sa porte au troisième étage, elle est déjà entrouverte. Une lueur chaude et tamisée filtre de l’intérieur, accompagnée d’une musique low et sensuelle, des battements de cœur électroniques. L’odeur du santal et de la vanille, promise par ses messages, flotte dans le couloir.

« Camille ? » j’appelle doucement en poussant la porte.

Le salon est transformé. Les lumières principales sont éteintes, remplacées par une constellation de bougies posées au sol, sur les meubles, créant un labyrinthe d’ombres et de lueurs dorées. Des coussins profonds et des peaux de mouton sont répandus sur la moquette. L’air est chaud, épais, chargé d’encens et de promesses.

Mais Camille n’est pas seule.

Pierre est là, adossé au mur près de la baie vitrée. Il n’est pas habillé pour une soirée entre filles. Il porte un simple jean noir, serré, et rien d’autre. Son torse, que je n’avais pas vu aussi musclé, aussi défini depuis l’adolescence, est mis en valeur par les jeux d’ombre des bougies. Ses bras sont croisés. Son regard, intense et sombre, se plante dans le mien dès que j’entre. Il ne sourit pas. Il observe.

La surprise est si totale que je reste figée sur le pas de la porte, ma petite valise à la main. Mon cerveau refuse de traiter l’information. Juste nous deux, avait-elle dit.

C’est alors que Camille émerge de l’ombre derrière lui. Elle est vêtue d’une robe de chambre en soie noire, ouverte sur le devant, laissant voir un corset en cuir et dentelle qui sculpte sa taille et soulève sa poitrine. Ses cheveux sont relevés, dégageant son cou. Elle a l’air d’une prêtresse, belle, dangereuse, absolument sûre d’elle.

« Julie, » dit-elle, sa voix un velours bas qui semble faire vibrer l’air. « Tu es venue. Parfaite. »

Je recule d’un pas instinctif, le piège se refermant soudain avec une clarté effrayante. « Camille… tu m’as dit… »

« Je t’ai dit de te laisser surprendre, » l’interrompt-elle en s’avançant, coupant la distance entre nous. Son parfum, plus fort et plus animal que dans mes souvenirs, m’enveloppe. « Et Pierre fait partie de la surprise. La meilleure partie. »

Je jette un regard affolé vers Pierre. Il se décale du mur, se redresse. « Après noël on s'est revu avec ta cousine. On n'est pas en couple mais on se voit régulièrement si tu vois ce que je veux dire... Nous avons parlé, Camille et moi, » dit-il, sa voix plus grave que dans mes souvenirs. Elle porte une autorité nouvelle. « De ce qui s’est passé à Noël entre vous. » Il fait un pas vers moi. « Camille t’a fait vivre des choses que je n’ai jamais pu te donner. »

Je suis clouée sur place, ma robe de velours soudain trop lourde, trop chaude. La trahison se mêle à une excitation monstrueuse, interdite. Ils ont comploté. Ils ont parlé de moi, de mon corps, de mes secrets. Ils m’ont attirée ici sous de faux prétextes.

« C’est un piège, » je murmure, la voix étranglée.

Camille est maintenant tout près. Sa main se pose sur mon bras, douce mais ferme. « Non, ma chérie. C’est une offre. Une offre que tu es libre de refuser. La porte derrière toi est ouverte. Tu peux partir maintenant, et nous n’en reparlerons jamais. » Ses doigts se resserrent imperceptiblement. « Mais si tu restes… tu acceptes de jouer selon nos règles, pour cette nuit. Nos désirs à tous les trois fusionnent ce soir. Le mien de te posséder à nouveau. Le sien de reprendre ce qui était à lui. Et le tien… » Elle approche ses lèvres de mon oreille, son souffle brûlant. « Le tien, de t'offrir à nous pour ton plaisir, de découvrir jusqu’où tu peux aller quand tu lâches prise. Quand tu es à notre merci. »

Je regarde la porte ouverte derrière moi. Le couloir vide, normal, sûr. Puis je reviens à la caverne de lumière et d’ombre qu’est devenu le salon, à ces deux corps que je désire séparément et qui sont maintenant une seule force face à moi. Pierre. Camille. Le souvenir de sa langue. Le fantôme de ses doigts d’adolescent. La lettre. La douche. L’orgasme cataclysmique sous ses doigts et sa bouche.

Mon corps a choisi avant mon esprit. Une chaleur humide imprègne déjà la fine dentelle de ma culotte. Un tremblement parcourt mes cuisses.

Je lâche mon sac à main. Il tombe sur le sol avec un bruit sourd.

C’est mon consentement.

Un sourire lent, triomphant et sensuel, étire les lèvres de Camille. Celui de Pierre est plus sombre, plus vorace.

« Bien, » dit-il simplement.

Camille referme la porte, et le claquement scelle mon choix. Le monde extérieur n’existe plus.

« Maintenant, » murmure Camille en faisant glisser les bretelles de ma robe de velours, « commençons par enlever ceci. Tu es trop habillée pour ce que nous avons prévu. »


Et sous leurs regards croisés, sous l’emprise de cette double attention qui me dévore, je me laisse faire. La robe glisse. La lingerie suit. Je suis nue au centre du cercle de bougies, offerte, le cœur battant la chamade, piégée, excitée, et terriblement, terriblement vivante.

Le vrai jeu va pouvoir commencer.

Camille recule d’un pas pour me détailler, son regard expert parcourant ma nudité comme celle d’une pièce d’art qu’elle s’approprie. Pierre, lui, ne bouge pas. Son immobilité est plus menaçante, plus érotique que n’importe quelle avance. Je sens mes tétons durcir sous leur examen, non pas à cause de la fraîcheur de l’air, mais sous le poids brûlant de leur attention.

« Regarde comme elle réagit déjà » dit Camille, une note de fierté dans la voix. « Son corps parle pour elle. »

Pierre hoche lentement la tête, ses yeux ne me quittant pas. « Elle a toujours été sensible. »

Camille se tourne vers lui, un complot silencieux passant entre leurs regards. Elle marche vers un coffre en bois ancien posé près du canapé, s’accroupit, et en sort quelques objets. Le bruit soyeux de la soie, le cliquetis métallique léger d’un mousqueton.

« Viens ici, Julie, » ordonne doucement Camille en revenant vers le centre de la pièce, près des coussins.

Mes jambes, molles, obéissent. Je m’avance dans le cercle de lumière chaude. Pierre quitte enfin son appui contre le mur et vient se placer derrière moi. Sa simple proximité, la chaleur qui émane de son torse nu à quelques centimètres de mon dos, me fait frissonner.

« Tu nous as fait confiance pour Noël, » murmure-t-il à mon oreille, sa voix si proche qu’elle semble vibrer dans mes os. « Fais-nous encore confiance. »

Camille s’approche face à moi. Dans ses mains, un bandeau de soie noire et plusieurs longueurs de cordelette de soie souple, couleur crème. « Pour t’aider à lâcher prise, » explique-t-elle, son regard doux mais inflexible. « Pour que tu ne sois plus que sensation. » Elle lève le bandeau. « Tu acceptes ? »

Je respire un grand coup. La peur et l’excitation se mélangent en un cocktail enivrant dans mes veines. Je hoche la tête, incapable de parler.

L’obscurité tombe sur moi lorsque le bandeau enveloppe mes yeux. Le monde se réduit aux bruits – la musique pulsative, leur respiration – et aux sensations physiques, soudain décuplées. Le velours d’un coussin sous mes pieds nus. L’odeur du santal, plus forte. Le frôlement de l’air sur ma peau nue.

Je sursaute quand des doigts effleurent mes poignets. Ceux de Camille, doux et précis. Elle croise mes mains dans le creux de mon dos et commence à les entourer avec la cordelette de soie. Le lien n’est pas serré au point de faire mal, mais il est ferme, inébranlable. Chaque boucle est enroulée avec une lenteur calculée, le frottement du tissu sur ma peau un rappel constant de mon immobilisation.

« Parfait, » murmure-t-elle, ses doigts vérifiant les nœuds.

Soudain, les mains de Pierre se posent sur mes épaules. Grandes, chaudes, légèrement calleuses. Elles me font tressaillir. Elles descendent lentement le long de mes bras, puis remontent. Un simple contact, mais dans ma cécité, chaque parcelle de ma peau devient un réceptacle hypersensible.

« Elle est magnifique comme ça, » gronde-t-il, sa voix plus basse, chargée d’un désir brut. « Offerte. »




Je sens son souffle sur ma nuque, puis la pression de ses lèvres contre la peau, juste à la jonction de mon épaule. Un baiser brûlant, possessif. Un gémissement m’échappe.

Pendant ce temps, Camille a dû reculer. Je l’entends bouger. Un léger cliquetis. Puis, une sensation totalement inattendue me fait pousser un petit cri.

Quelque chose de froid, de lisse et de métallique effleure ma clavicule, puis descend entre mes seins. Un couteau ? Mon cœur s’affole.

« Chut… » chuchote Camille, tout près. « C’est juste un jouet. »

Ce n’est pas la lame d’un couteau, mais le dos incurvé d’une roulette de Wartenberg – une petite roue dentelée en métal. Elle la fait rouler lentement sur mon sternum. La sensation est aiguë, étrange, entre le picotement et la menace. Mon souffle se bloque dans ma gorge.

« Sens-tu chaque petite pointe ? » murmure Camille. La roue descend plus bas, effleure mon ventre, dessine des cercles autour de mon nombril. C’est une torture exquise, une stimulation nerveuse qui éveille chaque terminaison sans jamais donner de plaisir complet. Je me cambre involontairement, cherchant à fuir ou à accentuer le contact, je ne sais pas.

Pendant ce temps, les mains de Pierre m’ont saisie par la taille. Elles se sont posées sur mes hanches, les pouces enfoncés dans le creux de mes reins. Il me tient en place, solidement, pendant que Camille joue avec le petit instrument. Son érection, dure et chaude, presse contre le creux de mes fesses à travers son jean. Le contraste entre la froideur du métal et la chaleur de son corps, entre la peur et l’excitation, est vertigineux.

La roue s’arrête. Je l’entends poser l’objet avec un léger clic.

« À genoux, » ordonne Pierre, sa voix un murmure autoritaire contre mon oreille.

Sans mes mains pour m’équilibrer, la descente est maladroite. Il m’aide, ses mains sur mes hanches me guidant jusqu’à ce que mes genoux rencontrent la douceur d’une peau de mouton. Je suis à genoux, les mains liées dans le dos, aveugle, au centre de la pièce.

Le parfum de Camille m’envahit soudain, plus proche, plus animal. Je sens la soie de sa robe de chambre effleurer mon bras. Elle s’est agenouillée devant moi.

« Maintenant, tu vas me donner du plaisir, Julie, » dit-elle, sa main glissant dans mes cheveux pour guider ma tête. « Comme tu l’as fait pour nous à Noël. Tu te souviens ? »

Je me souviens. Son goût. Sa texture. Sa façon de gémir.

Ses doigts s’enfoncent doucement mais fermement dans ma bouche, m’obligeant à ouvrir. « Lèche, » ordonne-t-elle. Je passe ma langue sur ses doigts, goûtant le sel léger de sa peau. Elle les retire.

Puis, ses mains sur ma tête m’attirent vers l’entrejambe qu’elle a libéré de sa robe de chambre. La chaleur qui en émane est intense, l’odeur musquée et douce, familière et pourtant nouvelle dans ce contexte de soumission. Je ne vois rien, mais je sais exactement où me placer. Sa main guide ma bouche contre elle.

J’applique ma langue là où je sais que c’est le plus sensible, là où elle m’avait montré. Un soupir rauque, satisfait, s’échappe de ses lèvres. « Oui… comme ça. »

Je me lance, utilisant tout ce qu’elle m’a appris, tout ce que mon propre corps m’a enseigné. Ma langue flatte son clitoris, explore ses lèvres, pénètre légèrement. Le goût de son excitation m’enivre, renforçant la mienne, qui coule le long de mes cuisses.

Pendant que je suis absorbée par cette tâche, je sens Pierre bouger derrière moi. Le bruit d’une fermeture éclair. Le froissement du jean qu’il écarte. Puis ses mains reviennent sur mes hanches, plus insistantes cette fois. Son sexe, enfin libéré, dur et lourd, se presse contre ma fesse, puis glisse entre elles, cherchant à se frotter sans oser entrer en moi.

Un cri étouffé, étouffé par le corps de Camille, s’échappe de ma gorge. C’est trop. C’est exactement ce que je voulais sans le savoir.

Il établit un rythme lent et puissant. Chaque poussée de ses hanches m’envoie plus profondément contre le sexe de Camille, et chaque mouvement de ma langue pour garder le contact semble le faire grogner de plaisir derrière moi.

Pierre gronde, ses mains agrippent mes hanches comme des étaux. « Tu es si douée avec sa langue… tu l’as bien entraînée. »

Camille répond par un gémissement appuyé, sa main se resserrant dans mes cheveux. « Elle est une élève… naturelle… »

Leur conversation sur moi, tandis qu’ils utilisent mon corps, m’excite au-delà de toute raison. Je ne suis plus qu’un instrument de leur plaisir mutuel, un conduit entre leurs désirs. La cordelette sur mes poignets, le bandeau sur mes yeux, tout cela me réduit à l’essentiel : la sensation.

Camille, sous ma bouche, commence à trembler, ses hanches s’élevant pour rencontrer ma langue avec frénésie.

« Elle va jouir, » halète Pierre, sa voix tendue à l’extrême.

L’annonce fait monter en moi une vague de plaisir précurseur. Je redouble d’efforts sur Camille, aspirant, léchant, voulant la sentir exploser.

Un cri déchirant, rauque, échappe à Camille. Son corps se raidit, ses doigts s’enfonçant dans mon crâne. Elle explose contre ma bouche, un flot chaud et salé qui me fait avaler avec avidité. Ses spasmes sont violents, magnifiques.

Le spectacle de son orgasme, que je ne peux que sentir et entendre, est la goutte qui fait déborder mon vase. La tension qui montait en moi depuis le début se libère soudain. Mon propre orgasme me frappe avec la force d’une déflagration. Je hurle, le son étouffé par la chair de Camille, mon corps secoué de convulsions si intenses que je serais tombée si Pierre ne me tenait pas fermement.

Sans ménagement Pierre me dépose au sol et je les entends se déplacer. Je comprends qu'il profite que Camille a encore les jambes écartées pour la pénétrer sèchement. ses vas et viens sont rapides et bestiaux. Le couple n'a qu'un objectif atteindre rapidement l'orgasme. Leurs cris augmentent crescendo jusqu'à la jouissance. Pierre éjacule dans la fente de Camille qui semble en redemander tant elle s'accroche aux fesses de Pierre pour le garder en elle.

Le temps semble suspendu. Il n’y a plus que le son de notre respiration haletante, le bruit mouillé de la séparation, le poids de mes membres tremblent encore.

Puis, les mains de Camille, redevenues douces, retirent le bandeau. La lumière des bougies me semble aveuglante. Elle défait les nœuds soyeux autour de mes poignets avec une infinie délicatesse. La circulation revient, picotante.

Camille finit par rompre le silence, posant un baiser sur mon épaule. « Joyeux Noël, en retard, » murmure-t-elle, un sourire dans la voix. Et pour la première fois de la soirée, je trouve la force de sourire. Piégée, soumise, possédée. Et plus vivante, plus moi, que jamais.

Pierre, essoufflé mais loin d'être apaisé, roule sur le côté et m'attrape par la taille avant que je ne puisse reprendre mes esprits. Ses bras, forts et déterminés, me soulèvent comme une poupée de chiffon.

"Ce n'est pas encore fini, Julie," murmure-t-il contre mon oreille, sa voix rauque de désir assouvi mais jamais éteint. "On n'a pas tout exploré."

Il me positionne à quatre pattes sur la peau de mouton. Mes bras tremblants peinent à me soutenir. Devant moi, Camille s'écarte, un sourire de fauve aux lèvres. Elle comprend son intention avant moi. Elle s'allonge sur le dos, juste devant mon visage, et écarte largement les jambes, les pliant au niveau des genoux. La lueur des bougies éclaire le spectacle intime et obscène de son sexe offert, luisant encore des sécrétions pré-séminales de Pierre et du liquide de mon propre corps laissé par ses dernières poussées à l'entrée de mes lèvres.

"Nettoie-moi, Julie," ordonne Camille, sa voix basse et rauque. "Lèche. Récupère ce qu'il m'a donné et partage-le avec moi."




Le choc de l'ordre, sa crudité, sa perversion magnifique, me traverse comme une décharge. Un nouveau frisson de désir, intense et coupable, naît dans mes entrailles. Je baisse la tête, obéissante, hypnotisée par le spectacle.

La première caresse de ma langue est hésitante. Le goût est un mélange complexe, puissant : le musc sucré de Camille, le sel amer de Pierre, ma propre acidité. Un goût de nous trois, fusionnés. Je passe ma langue plus hardiment, cherchant à collecter chaque goutte du mélange sacrilège qui brille sur ses lèvres gonflées. Je nettoie son pli, je remonte vers son clitoris encore sensible, j'explore son entrée où notre mélange a commencé à couler.

Un gémissement profond sort de la gorge de Camille. "Oui... comme ça. Tout. Prends tout."

Pendant ce temps, Pierre n'est pas resté inactif. Je le sens se positionner derrière moi. Ses mains, encore trempées de sueur, écartent mes fesses. Il n'a même pas besoin de se ré-érectionner ; il est encore dur, impressionnant, prêt. Il voit le spectacle devant lui, ma langue plongeant entre les cuisses de Camille pour la nettoyer de son propre fluide, et cela semble l'enflammer davantage.

"Tu vois ça?" il gronde, sa voix pleine d'une fierté animale. "Tu vois comme elle est obéissante? Comme elle aime notre goût mêlé?"

Il ne me pénètre pas tout de suite. D'abord, il se baisse, et je sens la pression brûlante et humide de sa langue sur mon propre sexe, de l'arrière. Il me lèche, lui aussi, nettoyant les traces de notre union, goûtant le mélange sur ma peau. Le choc de cette double stimulation - ma bouche sur Camille, sa bouche sur moi - est si intense que je crie contre la chair de Camille, mon corps se met à trembler de manière incontrôlable.

Puis, il se redresse. La tête de son sexe, dure et insistante, trouve mon entrée, maintenant lubrifiée par sa salive et nos fluides mêlés. Il entre d'un coup, profondément, me remplissant à nouveau avec une possession brutale. Je hurle, la sensation de cette pénétration soudaine et totale, combinée au goût de lui dans ma bouche, me faisant perdre la tête.

Il se met à un rythme rapide, saccadé, sauvage. Chaque poussée brutale m'enfonce le visage plus profondément contre Camille, et chaque mouvement de ma langue pour garder le contact semble déclencher un nouveau gémissement de sa part. Nous formons une boucle fermée de sensations et de fluides : il me donne, je le donne à Camille, et le spectacle de cette transmission les excite tous les deux jusqu'à la folie.

"Elle nous appartient," halète Pierre, ses coups devenant désordonnés, frénétiques. "Corps et âme."

"Jouis en elle, Pierre," crie Camille, les doigts s'enfonçant dans mes cheveux pour me maintenir contre elle. "Donne-lui tout."

L'ordre est la goutte d'eau qui fait tout déborder. Pour moi, pour lui, pour elle.

L'orgasme ne vient pas comme une vague, mais comme un tsunami triple qui nous frappe presque simultanément.

D'abord Camille. Son corps se cambre violemment, s'arrachant presque à ma bouche avant de se replier en une série de spasmes sismiques. Un flot chaud et salé, différent, plus intense, inonde ma langue et ma gorge. Elle crie, un son déchirant et libérateur.


Son spasme, transmis à travers son corps contre mon visage, déclenche le mien. Mon propre orgasme explose depuis un point si profond en moi que je crois que mon âme en est arrachée. C'est blanc, brûlant, absolu. Mes muscles vaginaux se contractent si violemment autour du membre de Pierre que j'entends son souffle coupé.

Et c'est ce serrement ultime, combiné au spectacle et au goût de nos deux jouissances féminines, qui le fait basculer. Il pousse un rugissement qui ressemble à une douleur, ses hanches se bloquent contre moi, et je le sens exploser en moi, une seconde fois, un jet chaud et pulsatile qui semble ne jamais devoir s'arrêter, remplissant les espaces que mes propres contractions lui offrent.

Nous nous effondrons ensemble, un enchevêtrement de membres tremblants, de souffles rauques et de peau ruisselante. Je tombe sur le côté, ma tête reposant sur la cuisse de Camille, mon dos contre le torse de Pierre. L'air est lourd de l'odeur du sexe, de la sueur et du santal.

Personne ne parle. Personne ne peut parler. Les mots sont morts, brûlés dans le feu de ce que nous venons de partager.

Camille, la première, bouge. Sa main, tremblante, se pose sur ma joue, trempée de son propre plaisir et de celui de Pierre. Elle me regarde, ses yeux noyés d'une émotion brutale, primitive. Elle n'a pas besoin de parler. Son regard dit tout : la possession, la complicité, la découverte d'un nouveau territoire dans lequel nous sommes tous trois naufragés, et dont nous ne voudrons plus jamais partir.

Pierre, derrière moi, passe un bras sur ma taille, m'attirant contre sa poitrine encore haletante. Son baiser dans mes cheveux est un point final doux et brutal à cette nuit.

Le piège s'est refermé. Et au fond de moi, dans la lassitude extrême et la satisfaction profonde, je sais une chose avec une certitude absolue : je ne veux plus jamais en sortir.

Épilogue : Le Goût de la Liberté

Six mois plus tard. Le soleil de juin filtre à travers les stores vénitiens de mon nouvel appartement, dessinant des lignes d’or sur le parquet. Je suis assise à mon bureau, devant l’ordinateur portable. L’écran est blanc, attendant les mots.

Sur mon poignet droit, un mince bracelet en cuir souple, sans fermoir apparent, épouse ma peau. Un cadeau de Camille. « Pas un lien, un symbole. Un rappel que tu peux à la fois être libre et choisir de t’attacher. » Je le touche souvent, une habitude nerveuse devenue réconfort.

La vie a repris son cours, mais plus rien n’est comme avant. Comment pourrait-il en être autrement ?

Pierre et moi, nous nous sommes revus plusieurs fois. Des moments d’une intimité brute, d’une connaissance du corps de l’autre qui dépasse les mots. Nous déjeunons parfois. Nous parlons de tout, sauf de cette nuit, tous les trois. C’est inutile. Elle est là, dans le silence entre nos phrases, dans un regard qui se fait trop intense, dans le souvenir d’un goût partagé. Nous savons tous les deux que la porte qu’ils ont ouverte, Camille et lui, ne se refermera plus. Elle reste entrebâillée, promettant d’autres nuits, d’autres règles, quand le désir sera trop fort à porter seul.

Camille est repartie à l’étranger pour son travail. Mais la distance n’est plus un mur. Parfois nous discutons la nuits dans des messages vibrants. Des textos qui ne parlent pas de météo. « Je pense à la texture de ta peau sous ma langue quand tu trembles. » « J’ai acheté de nouvelles cordes de soie. Plus larges. Pour la prochaine fois. » Elle m’envoie parfois des photos : sa bouche, son cou, l’ombre entre ses seins. Jamais plus. C’est à moi d’imaginer le reste. Et mon imagination, désormais, est un outil merveilleusement pervers et précis.

Je ne suis « en couple » avec aucun d’eux. Je ne partage pas leur quotidien. Et pourtant, je suis plus liée à eux qu’à quiconque auparavant. Nous sommes les gardiens d’un secret si lourd et si brillant qu’il nous a soudés à jamais. Nous sommes les seuls à savoir. Les seuls à comprendre cette alchimie étrange où la trahison s’est transformée en don, où le piège est devenu un sanctuaire.

Je me lève et vais me regarder dans le grand miroir de l’entrée. La femme qui me renvoie mon reflet n’est plus tout à fait celle d’avant Noël. Ses yeux ont perdu une part de leur naïveté. Ils portent une connaissance qui les assombrit et les illumine à la fois. Son corps, je le connais désormais sous un nouvel angle : non plus seulement comme un objet de désir, mais comme un instrument capable de ressentir l’extrême, de naviguer entre la perte de contrôle et la souveraineté absolue du « oui ».

Je souris à mon reflet.

Sur le bureau, mon téléphone vibre. Un message groupé. Camille et Pierre.

Une photo. Une simple clé, posée sur un tissu de soie noire. Pas de légende.

Mon cœur fait un bond familier, ce mélange d’excitation et d’appréhension douce. Je ne réponds pas tout de suite. Je retourne à mon ordinateur. L’écran blanc m’attend.

Je pose mes doigts sur le clavier. Je ne saisis pas la clé. Pas encore. Mais je saisis autre chose.

Je commence à écrire. « Il est 7h03 lorsque mon réveil sonne… »

Ce n’est pas mon histoire. C’est une autre. Celle d’une femme qui découvre une lettre, peut-être. Ou autre chose. Un collier. Une photo floue. Une invitation.

D’autres histoires attendent d’être écrites. D’autres femmes attendent de découvrir le goût de leur propre liberté, souvent caché au fond d’un piège consentant, au cœur d’un désir qui fait peur.

Je prends une inspiration, les doigts effleurant le bracelet de cuir à mon poignet. Et je commence à écrire, pour la première fois, non pas comme la fille qui reçoit des lettres, mais comme celle qui les inspire. Comme celle qui connaît le chemin.

Le soleil caresse l’écran. La clé, sur mon téléphone, attend silencieusement. L’avenir, plein de promesses ténébreuses et excitantes, est grand ouvert. Et pour la première fois de ma vie, je n’ai pas peur d’y entrer.

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